Journée internationale du sport féminin : Trois cavalières inspirantes racontent leur passion commune : l'Équitation
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Trois parcours, trois personnalités, une même passion. À travers ces portraits, découvrez des femmes engagées qui vivent le sport équestre avec exigence, passion et authenticité
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle France Paul, j’ai 33 ans et je suis cavalière professionnelle en endurance depuis bientôt 14 ans. J’ai créé mon entreprise avec mon conjoint Paul Bard et nous sommes installés en Haute-Marne. Nous avons notre élevage, l’élevage Valarbin, mais nous accueillons aussi des chevaux de propriétaires. Ma jument de tête, D’Arohz Rouge du Val, une pur sang arabe qui aura 13 ans cette année, m’a permis d’obtenir une médaille d’argent au championnat d’Europe et participe à son premier championnat sous les couleurs de la France.
Comment le sport équestre est-il entré dans ta vie ?
J’ai toujours été cavalière, depuis mes sept ans, en club. Il y avait toujours des chevaux à la maison, mais personne n’était vraiment professionnel. J’ai commencé par l’équitation classique avec un enseignement strict avec François Rayé jusqu’à mes 18 ans. J’avais fait une ou deux petites courses d’endurance avec mes grands-parents. À 18 ans, mon père a eu un petit souci de santé et m’a proposé de monter son cheval en endurance. C’est à partir de là que j’ai fait toutes les qualifications nécessaires pour ma première vitesse libre CEI* que j’ai remportée, puis ma première CEI** avec un cheval qui s’appelait Necket de Moulouarn.
Que représente le sport pour toi, au-delà de la performance ?
Pour moi, c’est une philosophie, un équilibre, une façon d’être. C’est la clé pour réussir beaucoup de choses dans la vie : rester serein, en forme, détendu. Le sport peut donner des ambitions, de la satisfaction, mais aussi apprendre la défaite, ce qui est primordial dès le plus jeune âge.
As-tu rencontré des difficultés en tant que femme dans la pratique de l’endurance ?
Absolument aucune. L’équitation est un sport mixte où l’on est vraiment sur un pied d’égalité avec les hommes. On est sur un vrai pied d'égalité avec les hommes, et je pense même que nous sommes parfois meilleures (ihih) ! Avant l’équitation, j’ai pratiqué l’athlétisme à haut niveau, participé à des championnats du monde et internationaux. Dans ce sport, j’ai ressenti cette catégorisation très stricte, contrairement à l’équitation. Jusqu’à maintenant, je me sens chanceuse de n’avoir jamais rencontré de difficultés liées au fait d’être une femme.
Qu’est-ce qui te motive à continuer, même dans les moments difficiles ?
C’est vrai que ce sport peut être chronophage et parfois ingrat : on peut passer des heures à s’entraîner sans résultat immédiat. Ce qui me motive, c’est de me remémorer ces moments où j’ai vibré à cheval, ou de regarder les autres performer et m’émouvoir avec eux. Parfois, un simple sourire de mes enfants lors de petites compétitions autour de la maison suffit à me redonner de l’énergie.
Que signifie pour toi la Journée internationale du sport féminin ?
Honnêtement, pas grand-chose. Je ne connaissais même pas l’existence de cette journée. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de faire une distinction entre sport féminin et masculin. Dans notre discipline, nous affrontons les mêmes défis à égalité.
Quel message aimerais-tu transmettre aux femmes qui hésitent à se lancer ou à persévérer ?
Il faut y aller. Aucune porte ne se ferme tant qu’on ne décide pas de la fermer soi-même. Il faut croire en soi, se lancer et ne jamais baisser les bras, même quand c’est difficile. Et surtout, il ne faut pas hésiter à se faire encadrer, demander des conseils et apprendre des autres.
Qu’est-ce qui t’a attiré dans l’endurance plutôt qu’une autre discipline ?
C’est une épreuve qui dure dans le temps. La longueur des parcours, la nécessité de gérer l’effort et la fatigue, et surtout la relation de confiance avec son cheval rendent chaque réussite encore plus précieuse. On prend soin de notre cheval tout au long des kilomètres, et c’est ce lien, cette responsabilité, qui rend l’expérience unique et émouvante.
Comment décrirais-tu l’exigence physique et mentale dans cette discipline ?
Physiquement, on est préparé par le quotidien avec les chevaux : randonnées, piste de galop, rythme de vie dans une écurie… Certains complètent par du sport à côté pour harmoniser le développement musculaire. Mentalement, c’est exigeant : les courses sont longues, il faut être solide, savoir exprimer ses doutes, s’entourer de personnes de confiance et rester lucide pour adapter les plans en cours de route.
Comment concilies-tu l’endurance avec ta vie de famille ?
Ce n’est pas évident, mais j’ai la chance d’avoir un conjoint qui fait le même métier. On peut se partager les tâches quotidiennes. Avec du recul, je me rends compte que la famille reste la priorité, et je m’organise toujours en fonction de mes enfants et de mon entourage pour gérer la vie entre courses et entraînements
Comment prépares-tu ton cheval pour les courses et son bien-être sur le long terme ?
La clé, c’est de connaître son cheval. Interpréter ses signaux, suivre les conseils de l’entraîneur, adapter notre stratégie en fonction de son comportement. L’expérience aide beaucoup, mais chaque cheval est différent, et il faut rester vigilant pour être performant tout en respectant son bien-être.
As-tu un moment marquant en course ?
Deux courses m’ont particulièrement marquée : Montcuq en 2023 avec ma jument sur 2 x 100 km, et Florac, ma plus belle expérience. À Florac, je me suis lancée totalement dans l’inconnu, sans le coaching habituel de mon conjoint, et nous avons décroché une 3ᵉ place. C’était une immense fierté. (Ci-contre à gauche, France Paul et D’Arohz Rouge du Val à la mythique course de Florac)
Que dirais-tu à ton « toi » du début ?
Je lui dirais de ne jamais abandonner ses objectifs et de toujours faire confiance à son premier instinct. J’ai quelques regrets de ne pas avoir été plus volontaire à l’école, car j’aurais aimé devenir vétérinaire équin, mais je continue de côtoyer ce métier à travers mon travail.
France monte avec la Florac 2.0 by Gaston Mercier dispo ici
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis la première cavalière au monde à monter un cheval Murgese en dressage Grand Prix, le plus haut niveau de dressage. Le Murgese est l’une des plus anciennes races de chevaux d’Italie et a frôlé l’extinction. Je possède la double nationalité : néerlandaise et italienne. Je pratique également l'équitation de travail au plus haut niveau. En 2024, j’ai remporté la médaille de bronze aux Championnats des Pays-Bas au niveau Master et j’ai représenté les Pays-Bas aux Championnats d’Europe en République tchèque. Cette année, 2026, j’espère participer aux Championnats du Monde en Espagne.
Comment l'équitation est-il entré dans ta vie ?
Mon cheval d’âme, Super Guus, est entré dans ma vie lorsque j’avais douze ans. Je l’ai dressé moi-même dans un pré entre les vaches. C’était un cheval de trait avec beaucoup de tempérament. Il n’appréciait pas les activités classiques de loisir, comme les longues balades en nature, ce qui m’a poussée à le faire concourir.
Comme c’était un Fjord, beaucoup me disaient qu’il n’était pas fait pour le sport, mais je n’ai pas écouté ces commentaires. Deux ans plus tard, nous devenions champions régionaux au niveau Z2, et il est ensuite devenu le premier Fjord à intégrer le Subtop néerlandais en dressage.
Super Guus a été mon meilleur ami pendant 27 ans et la raison pour laquelle j’ai commencé ma carrière professionnelle. Ensemble, nous avons également été invités en tant qu’acte spécial lors de nombreux événements majeurs, notamment la Coupe du Monde de Dressage FEI en 2006. Il était connu comme « le cheval de ferme capable de tout faire ». Il est décédé paisiblement à mon domicile en 2023, à l’âge de 30 ans.
Que représente le sport pour toi aujourd’hui, au-delà de la performance ?
Le sport est une opportunité d’égalité. Dans l’arène, le milieu social ou le pouvoir financier importe peu : tout le monde est soumis aux mêmes règles. C’est aussi profondément émotionnel : il peut inspirer, connecter et montrer ce qui est possible, peu importe d’où l’on vient.
As-tu rencontré des difficultés en tant que femme dans ta pratique sportive ?
Oui, mais pas directement liées au sport lui-même. J’ai vécu des pertes personnelles profondes, dont trois fausses couches. Pendant ma dernière fausse couche, j’ai été transportée en ambulance alors que j’étais en travail. Pendant des années, je l’ai gardé pour moi, seule ma famille le savait. Faire le deuil tout en devant continuer à performer montre à quel point les épreuves des femmes peuvent rester invisibles dans le sport. Le sport est alors devenu une bénédiction : il m’a donné structure, sens et ancrage dans les moments les plus sombres.
Qu’est-ce qui te motive à continuer, même dans les moments difficiles ?
Ma relation avec Dieu me donne de la force. La prière, et notamment le Rosaire quotidien, m’aide à trouver paix et clarté. Cela me rappelle que je ne suis jamais seule sur mon chemin, et qu’aucun défi n’est trop difficile à affronter avec foi et persévérance.
Quel rôle joue la relation avec tes chevaux dans ton équilibre personnel ?
Si je passe trop de temps loin d’eux, je me sens déséquilibrée. Ils me gardent ancrée dans le moment présent. Les chevaux portent non seulement physiquement, mais aussi émotionnellement. Ils reflètent ce que l’on apporte et nous aident à retrouver notre équilibre. Je me sens bénie de partager ma vie avec eux.
Que signifie pour toi la Journée internationale du sport féminin ?
C’est un moment pour honorer les femmes non seulement pour leurs réussites, mais aussi pour les histoires qui se cachent derrière. Cela crée de l’espace pour nous dans des environnements qui n’ont pas toujours fait de place. Nos cycles, notre physiologie et notre intelligence émotionnelle influencent notre entraînement, récupération, compétition et leadership. Les hommes ont aussi un rôle essentiel pour nous soutenir et protéger ces espaces.
Quel message aimerais-tu partager avec les femmes qui hésitent à se lancer ou à persévérer ?
Votre parcours n’a pas besoin d’être traditionnel pour être puissant. La vie peut prendre une direction différente, mais elle peut tout autant être significative. Faites confiance à votre intuition, à votre foi, et ne sous-estimez jamais la force qui est en vous.
Que dirais-tu à ton « moi » débutante ?
Sois douce avec toi-même et fais attention à ton dialogue intérieur. La voix la plus exigeante dans ma carrière a toujours été celle dans ma tête. Le progrès ne vient pas de l’auto-critique constante, mais d’un équilibre entre standards élevés et patience, confiance et bienveillance envers soi-même.
Peux-tu nous parler de l'équitation de travail dans ton pays ?
Aux Pays-Bas, l'équitation de travail est en plein essor. Elle rassemble des cavaliers de tous horizons. Avec notre culture équestre solide et nos cavaliers talentueux, le pays a un fort potentiel pour exceller dans cette discipline. La capacité des Pays-Bas à produire des médaillés olympiques en dressage et saut d’obstacles laisse présager un bel avenir pour l'équitation de travail.
Qu’est-ce qui rend cette discipline unique selon toi ?
Elle applique les principes du dressage classique tout en les rendant accessibles et spectaculaires. Les éléments abstraits du dressage prennent vie grâce à la musique, aux obstacles et à la vitesse. L'équitation de travail célèbre aussi l’identité nationale : chaque pays peut exprimer ses traditions à travers le matériel, l’équitation et le style. La partie « cow trial » reflète les origines de la discipline : travailler à cheval dans la campagne pour accomplir les tâches quotidiennes. Le vrai savoir-faire équestre y est récompensé, et la diversité des compétences nécessaires rend cette discipline exceptionnelle.
Quel rôle jouent les femmes dans l'équitation de travail chez vous ?
Les femmes ont une présence forte et influente, à la fois comme athlètes et dans l’organisation. Elles façonnent et élèvent la discipline.
Comment combines-tu tradition, technique et approche moderne dans ta pratique ?
Mon expérience en dressage Grand Prix et en thérapie comportementale équine m’a permis de combiner les principes classiques avec une compréhension moderne du comportement et de l’apprentissage. Je suis spécialisée en clicker training, ce qui est très utile dans ma pratique quotidienne.
La discipline t’a-t-elle aidée à gagner en confiance en toi ?
Oui. l'équitation de travail m’a appris à affronter des défis que je n’aurais pas rencontrés ailleurs et à découvrir des capacités insoupçonnées. En un an, j’ai pu concourir au plus haut niveau avec l’équipe nationale néerlandaise. Aujourd’hui, je concoure internationalement avec deux chevaux au niveau Master. Cette discipline m’a permis de me redécouvrir, en tant qu’athlète mais aussi en tant que femme, confiante en son chemin.
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Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Régine Bollon. Je pratique la randonnée équestre depuis les années 80 et j’ai également fait de l’endurance pendant près de 30 ans, avec une quarantaine de courses nationales à mon actif. En parallèle de mon métier, j’ai créé une écurie de propriétaires en Île-de-France et participé à la création d’Enduro-Cheval. C’est d’ailleurs dans ce cadre que j’ai rencontré Gaston et Manuel Mercier.
Comment le sport équestre est-il entré dans votre vie ?
J’ai découvert le monde du cheval vers l’âge de 12 ans, en Mauritanie, avec un cheval arabe. Avant de me porter, il gardait les dromadaires… De retour en France après mes études, j’ai acheté ma première jument arabe et traversé la France en autonomie, de Rambouillet jusqu’en Lozère. Depuis, je n’ai jamais cessé de randonner, que ce soit en Lozère, Ardèche, Haute-Loire, Bretagne, Île-de-France, Queyras, Baronnies ou encore dans le Beaufortain.
Que représente le sport pour vous aujourd’hui, au-delà de la performance ?
Le sport a toujours fait partie de ma vie. Plus jeune, j’ai pratiqué la natation en compétition, puis j’ai découvert la montagne et réalisé de nombreux treks et ascensions. Le sport est un équilibre. S’occuper d’une trentaine de chevaux au quotidien correspond parfaitement à ma façon de vivre.
Avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme dans votre pratique sportive ?
Non, jamais. Je n’ai jamais ressenti de difficulté liée au fait d’être une femme dans ma pratique sportive.
Qu’est-ce qui vous motive à continuer, même dans les moments plus compliqués ?
Je ne peux pas vraiment parler de moments compliqués, tant que la santé est là. Pour randonner dans de bonnes conditions, que ce soit à cheval ou à pied, l’entraînement est indispensable. La récompense arrive quand le cheval fait les choses avec facilité et sérénité.
Quelle place occupe la relation avec votre cheval dans votre équilibre personnel ?
Peut-être que sans la passion du cheval, je ne serais pas équilibrée.
Que signifie pour vous la Journée internationale du sport féminin ?
Pas grand-chose, car je ne dissocie pas le sport féminin du sport masculin. L’équitation est l’un des rares sports véritablement mixtes.
Quel message aimeriez-vous transmettre aux femmes qui hésitent à se lancer ou à persévérer ?
Quel que soit le sport, il faut avant tout y prendre du plaisir. Si une discipline vous attire, il faut essayer… et s’arrêter si cela devient une corvée. Les sports à risques de chute demandent simplement plus de vigilance.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans la randonnée à cheval ?
La randonnée me permet de découvrir une région autrement. Les haltes en gîtes ou refuges favorisent les échanges avec les locaux, les marcheurs… Je préfère les randonnées en montagne, pour les paysages, même si on y oublie parfois les allures. Les randonnées sans dénivelé sont plus culturelles, avec châteaux et monuments, et souvent plus galopantes. La préparation des itinéraires, des étapes et des hébergements fait déjà partie du plaisir.
Pensez-vous que l’équitation d’extérieur est parfois sous-estimée ?
Oui, souvent. Il faut distinguer la balade de quelques heures, la plus pratiquée, de la véritable randonnée, qui dure plusieurs jours et s’apparente à un véritable voyage à cheval. En montagne, les personnes que je rencontre sont généralement admiratives du travail fourni par les chevaux.
Que vous procure le fait de partir plusieurs heures, voire plusieurs jours, à cheval ?
Après plus de 40 ans de randonnées, le plaisir est toujours intact. Monter mes chevaux et préparer les prochaines aventures, comme le Verdon, la Matheysine ou la vallée de la Clarée, reste une source de motivation immense.
Le mot de la fin ?
Une selle très confortable, pour le cheval comme pour la communication avec le cavalier, et une bagagerie parfaitement adaptée grâce à la sellerie Gaston Mercier.
Régine monte avec la Compiègne by Gaston Mercier dispo ici
Ces trois cavalières nous rappellent que la passion, la persévérance et le respect du cheval vont bien au‑delà des performances. Qu’il s’agisse de longues randonnées, de courses endurance exigeantes ou d'équitation de travail au plus haut niveau, elles partagent une même philosophie : le sport équestre est un moyen de se dépasser, de se reconnecter à soi et de créer des liens uniques avec leurs chevaux. Leurs témoignages étaient riches et touchants, révélant la force, la résilience et la détermination des femmes dans le monde équestre. Leur parcours inspire toutes celles et ceux qui souhaitent se lancer, persévérer et vivre leur passion pleinement, sans jamais perdre de vue le plaisir et l’équilibre personnel.
Merci à elles pour leur temps, leur confiance et leurs histoires inspirantes !
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